Formation professionnelle, bilan de compétences et VAE : l’essentiel de cet automne 2026

L’actualité du secteur est dominée par les discussions autour du budget 2027 et par plusieurs nouvelles règles.

Budget 2027 : des financements sous pression

  • CPF : à l’approche du Projet de Loi de Finances 2027, deux fédérations du secteur, Synofdes et Les Acteurs de la compétence, tirent la sonnette d’alarme sur les coupes budgétaires. Le gouvernement envisagerait de relever le reste à charge obligatoire à 350 € pour les formations non prioritaires, tout en le maintenant à 150 € pour la VAE et le bilan de compétences. L’enveloppe globale du CPF serait aussi réduite, autour de 1,3 milliard d’euros.
  • Formation des demandeurs d’emploi : la fin programmée des PRIC. Une nouvelle coupe est déjà annoncée pour 2027 : l’État devrait supprimer l’enveloppe consacrée aux pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC). Selon Muriel Pécassou, coprésidente du Synofdes, ces crédits ont fortement chuté ces dernières années : 2025 : plus d’1 milliard d’euros 2026 : 527 millions d’euros 2027 : 0 € Cela représente encore plus d’un demi-milliard d’euros de moins pour former les personnes les plus éloignées de l’emploi. Le Synofdes ajoute que l’effet est aggravé par le retrait de certaines régions, qui n’ont pas signé de pacte ou s’en sont retirées. Il rappelle enfin que la Banque de France prévoit un taux de chômage de 8,3 % pour 2026, ce qui rend ces coupes d’autant plus préoccupantes.
  • VAE et bilan de compétences : deux dispositifs, deux destins : La VAE peut désormais être financée en totalité par le CPF, alors que le bilan de compétences risque de perdre ce financement. La VAE, un dispositif en pleine montée en puissance Ouverte à tout actif (salarié, demandeur d’emploi, indépendant), la VAE permet de faire reconnaître officiellement son expérience pour obtenir un diplôme ou un titre professionnel. Les titres inscrits au RNCP ont la même valeur, qu’on les obtienne par la formation classique ou par la VAE. Depuis 2022, les pouvoirs publics en ont fait un axe fort de la formation continue, notamment pour valider les compétences recherchées par les entreprises, par exemple dans le numérique. Le parcours s’est simplifié grâce au portail unique France VAE. Surtout, la question du financement, longtemps un frein, évolue : jusqu’ici, le CPF ne couvrait que les frais d’accompagnement et de rédaction du dossier. Depuis le décret du 18 juillet 2025, il peut aussi prendre en charge les frais de jury, ce qui permet de financer l’intégralité du parcours. L’objectif affiché est de toucher de nouveaux candidats et de favoriser l’emploi, la progression salariale et l’élévation des qualifications. Le bilan de compétences, un point de départ pour un projet professionnel Réalisé avec un accompagnant spécialisé, il sert à faire le point sur ses compétences, ses savoir-faire et ses envies d’évolution. Il se déroule en trois phases : l’analyse des besoins, l’investigation (motivations, compétences, pistes possibles), puis l’élaboration d’un projet professionnel réaliste. C’est une véritable action de formation, qui peut donner droit à un congé dédié. En 2024, 80 000 actifs ont mobilisé leur CPF pour un bilan de compétences, soit moins de 6 % des actions financées. Son coût moyen s’élevait à 1 946 €, et les bénéficiaires n’avaient à payer que la participation forfaitaire de 102,23 €. Une menace budgétaire : Malgré son utilité reconnue par de nombreux spécialistes, le bilan de compétences pourrait faire les frais de la rigueur budgétaire : le projet de loi de finances prévoit de l’exclure des actions finançables par le CPF. Selon ces mêmes experts, cette économie creuserait les inégalités professionnelles en rendant le dispositif inaccessible aux actifs les plus modestes.

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