Un nouveau levier pour changer de métier dès 2026
Centre Inffo — 05.11.2025
Période de reconversion : l’ambition du droit, l’incertitude des moyens
Résumé de l’article
À partir de janvier 2026, un nouveau dispositif fait son entrée dans le paysage de la formation professionnelle : la période de reconversion.
Il offrira aux salariés la possibilité de se former à un nouveau métier sans rompre leur contrat de travail, y compris en réalisant leur parcours dans une autre entreprise.
Plus souple et plus ambitieux que le dispositif Pro-A, ce mécanisme pourrait devenir un levier majeur de mobilité professionnelle. Son financement reste toutefois incertain, notamment du côté des Opco et du recours au CPF.
Un dispositif prometteur, à suivre de près dans les prochains mois.
⚖️ Une ambition juridique forte
Le législateur a souhaité renforcer la mobilité professionnelle sécurisée, en permettant une reconversion :
- interne ou externe à l’entreprise,
- juridiquement encadrée,
- sécurisée pour le salarié tout au long de son parcours.
Cette évolution constitue une avancée sociale notable, en accompagnant plus efficacement les transitions de carrière, sans rupture brutale du lien contractuel.
⚠️ Deux grandes incertitudes à surveiller
1. Une asymétrie entre les employeurs
- L’entreprise d’origine reste l’employeur légal du salarié
(responsabilité juridique, protection sociale, obligation de réintégration…) - L’entreprise d’accueil forme le salarié et bénéficie de ses compétences,
sans assumer ces responsabilités
👉 Cette asymétrie peut représenter une contrainte forte pour l’entreprise d’origine, sans compensation clairement définie.
2. Un financement encore incertain
- Les Opérateurs de compétences (Opco) sont chargés de financer :
- la formation,
- la rémunération,
- les frais annexes,
- sans dotation budgétaire supplémentaire
Ce nouveau dispositif devra donc être absorbé dans des budgets déjà contraints, avec un risque de réduction des moyens disponibles pour d’autres priorités (alternance, compétences TPE-PME).
📌 Le rôle du CPF (Compte Personnel de Formation)
Le salarié pourra mobiliser son CPF pour contribuer au financement de la reconversion :
- jusqu’à 50 % pour une reconversion interne ;
- sans plafond pour une reconversion externe.
Cependant :
- le CPF couvre uniquement les frais pédagogiques,
- il ne finance ni la rémunération ni les autres coûts associés,
- seules certaines formations éligibles au CPF peuvent être prises en charge.
📍 Conclusion
La période de reconversion est juridiquement ambitieuse et socialement porteuse, mais sa réussite dépendra largement :
- des décrets d’application attendus d’ici fin 2025,
- de la capacité des entreprises, des Opco et des salariés
à trouver des équilibres pratiques et financiers durables.